Samedi 29 octobre. Une nuit en face de Batnavine-Bwatnappe Bay.

Nous continuons notre route pour arriver à Loltong.

Dimanche 30 octobre. Se faufiler dans le platier et mouiller. Le lieu est superbe, l’abri apaisant derrière le corail permet à 5 voiliers maximum de mouiller. Nous observons aux jumelles le village. Allons-nous sympathiser ? Serons-nous bien accueillis ? Nous attendons un peu pour aller à terre. Il est midi, les enfants jouent au football en plein soleil, les hommes sortent de la maison commune que nous prenons d’abord pour l’église. Une esplanade couverte dont le balcon est orné de balustres nous interpelle.

Vers 16 heures, nous quittons Manevaï, à notre arrivée, Matthew s’extirpe de son hamac et vient à notre rencontre. C’est un des chefs. Il nous propose une découverte du village, ici la maison commune.

Plus loin, l’école catholique.

Où a lieu une cérémonie mi-païenne mi-religieuse de première communion.

Il nous présente un ancien chef, 102 ans quand même.

La maman de Matthew.

La route sur laquelle nous marchons est bétonnée, nouvellement terminée et dessert les établissements scolaires.

Le lycée est haut perché sur la colline. Ici aussi, possibilité de choix entre deux enseignements, anglophone et francophone.

Un habitant nous vante le confort de sa Guest House, mise en valeur grâce au soleil.

Le propriétaire de la Guest house.

Traversant la forêt avec Matthew, nous constatons les dégâts que cause cette fameuse liane, Mikania micrantha, introduite par les Américains en 1942 pour servir de camouflage à leur matériel. Chaque plant peut recouvrir une surface de 25 m² en un mois. Elle n’a pas encore étouffé les cocotiers, mais recouvre tous les arbres de moindre hauteur.

Vigoureuse et rampante, elle se plait en milieu fertile, chargé de matières organiques sur des sols humides. Elle tue les autres plantes en les coupant de la lumière et elle lisse tous les reliefs. Ses graines sont dispersées grâce au vent, et les humains contribuent aussi à son expansion par leurs semelles et leurs vêtements. (Merci Wikipédia).

Luxe suprême, les maisons sont dotées d’électricité et d’eau courante, par hydroélectricité, chaque maison a un compteur, mais peu de personnes utilisent cette source d’énergie, nous nous en rendons compte le soir, très peu de lumières allumées. Aucun pylône, tout est enterré. Une machine à laver trône devant une maison, mais où sont les arrivées d’eau et les tuyaux de vidange ?

Lundi, ça y est, nous avons vu le dugong ! Son dos plus précisément, couleur brune, ce n’est pas un nerveux, il ne saute pas et ne fait pas de grands mouvements. Il est installé près des fonds de corail, à faible profondeur et de temps en temps tourne autour de Manevaï. J’ai essayé d’être téméraire et de le retrouver, mais qu’aurais-je fait si je m’étais trouvée nez à nez avec lui ?

Un peu de pâtisserie pour régaler nos hôtes, un peu de couture et de tricot. Nous ne sommes allés à terre qu’à 16h, nous nous étions rendu compte qu’il y avait de grands palabres sous le banian, seulement des hommes dans cette grande réunion. Dans la grande case commune, il en restait encore une bonne partie. Les Bule (prononcer Boulé) d’un côté, les Tabi de l’autre. Marie est une Tabi et parle français, Matthew est un Bule et parle anglais. Ce sont les deux grandes familles de l’île. Depuis 3 semaines, il est question de cadastre. Mais ici dans le nord de l’île, les terrains se passent de mères en filles, alors pourquoi n’y avait-il que des hommes à cette réunion ?

Un quartier du village.

Matthew nous a montré l’emplacement du futur Yacht Club et Marie nous y a retrouvés. L’ancien qui n’a pas résisté à la covid, je veux dire au manque d’entretien pendant 2 ans, était superbe. Mais auront-ils la volonté de reconstruire une case-restaurant pour accueillir les Yachties ? Il y a ainsi quelques yachts clubs disséminés sur les îles avec un responsable de l’accueil des voiliers, comme à Luttes aux Maskalines.  Ensuite, Lavati, leur nièce, s’est jointe à nous. Elle est maman de 3 jeunes enfants, son mari travaille au centre de l’île. Elle, elle compte partir en Australie pour les récoltes. Le système est fait comme ceci, un agent à Port-Vila s’occupe des passeports et des visas et envoie les volontaires travailler quelques mois comme saisonniers en NZ ou Australie. S’ils ne sont pas sérieux sur leur lieu de travail, leur dossier n’est pas reconduit à la saison suivante. (Lavati a déjà travaillé au Holiday Inn de Port Vila sur l’île d’Iririki). Ensuite, après plusieurs saisons, elle pourra faire construire sa maison en dur. Car c’est comme l’histoire des 3 petits cochons, seule la maison en parpaings résiste aux cyclones. Les familles logées dans des cases se réfugient dans les maisons en dur lorsque les vents sont trop puissants.

D’ailleurs à cette escale le vent soufflait assez fort et les habitants craignaient l’arrivée d’un cyclone. Eric les a rassurés. Ils n’ont ni télévision, ni radio pour recevoir les bulletins météo.

Demain, nous sommes embauchés. Eric à la réparation du hachoir à viande, non, pardon à kava, moi à la peinture de l’enseigne du magasin Bule store. Nous fournissons le matériel, Eric ses compétences et nous sommes invités à déjeuner.

10 h, début du chantier pour nous deux. Eric retourne à bord chercher un extracteur.  En fin de matinée, Marie nous appelle pour déjeuner, je demande juste quelques minutes de plus pour finir la première couche du dernier E. La cuisine, sous un auvent de palmes, est au-dessus des maisons du village, le jardin en pente commence là et monte à flanc de colline. Délicieux repas de saucisses, riz, tranches de papaye recouvertes de coco râpé. Les hommes sont sur un petit tabouret, les femmes assises sur la natte au sol.

Deuxième couche pour les lettres l’après-midi, puis, après qu’Eric ait constaté que c’était le roulement pour le hachoir à viande qu’il fallait commander, Matthew décide que « nous » avons assez travaillé et qu’il est temps que tout le monde se repose.

What’s wrong?

Nous retournons à bord avec du travail, une balance à réparer pour Eric. Et il va y passer du temps avant de comprendre qu’une autre personne a essayé avant lui de la réparer et a remonté des ressorts à l’envers.

Un bain pour profiter de cette eau à 30 degrés. Et une soirée au calme sur Manevaï.

Cette dame a passé son après-midi dans l’eau à la recherche de petits poissons.

Le lendemain, ce sont eux qui viennent à bord, pour déjeuner, avec Lavati et ses 3 puces. Des légumes, des fruits et deux jolis sacs tissés très fins nous sont offerts.

L’annexe s’est décrochée, un plongeon et elle est récupérée.

Seule Marie parle français, les autres adultes s’expriment en anglais, les petites puces dans la langue locale. Une séance de manucure aux couleurs franco-vanuataises pour clore ce bon moment.

Ils repartent avec la balance réparée, plusieurs gâteaux, des vêtements et du vernis à ongles. Et des « Legs blong dak dak » traduction « jambes de canard » en fait des palmes, taille enfants.

Le cargo ravitailleur est arrivé et décharge sur un semblant de quai, tôles pour le toit, sacs de ciment, épicerie pour le store…

Nous revenons à terre pour dire au revoir aux autres personnes, acheter une bonite congelée au magasin Bule Store, des oignons pesés sur la balance qui a retrouvé sa place sur le comptoir.

Au revoir Marie…

Nous sommes le premier voilier depuis 3 ans à venir jusqu’à eux.  Nous avons promis de faire de la publicité pour leur village.

 www.manevai.fr

 

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