Colombie Britannique 3

 

Oona River. Porcher Island. Une escale réussie se compte au nombre d’amis…

Dans le Waggoner Cruising Guide, il est dit « à partir de la bouée blanche s’aligner sur les marqueurs privés de la jetée ». Bon comment allons-nous entrer ? Et nous découvrons effectivement deux perches bien plantées dans l’eau et une jetée en grosse caillasse, et les deux perches elles se laissent à bâbord à tribord ? Mais sur la jetée c’est un alignement ! Carrés bleus sur fond blanc. Hop, dérive relevée au 2/3 nous avançons lentement, 3mètres d’eau sous la coque, faisons le tour de la jetée et le fond réaugmente. Au ralenti nous nous approchons du ponton et demandons si nous pouvons mouiller dans la rivière au milieu des bancs de sable mais les jeunes poussent leur barcasse et nous laissent leur place au ponton. Le ponton jaune est toujours réservé aux hydravions.

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Quelqu’un vient prendre l’aussière, c’est Bob qui nous explique qu’il a essayé de nous joindre par VHF pour nous aider à entrer. Désolés pas entendu.

Et nous bavardons, bavardons il n’y a que la pluie qui nous oblige à nous quitter même les bestioles qui nous entourent ne nous ont pas fait fuir et pourtant elles piquent, Eric en est couvert mais les marques c’est moi qui les aurai le lendemain sur le visage. Le Guide du Routard nous apprend que ces moucherons noirs piqueurs s’appellent des simulies et attaquent avec une agressivité que l’on voit rarement même sous les tropiques.  Bob nous indique l’ancien chantier qui appartenait à sa famille, nous raconte les visites de voiliers ou vedettes pas très nombreux à faire escale. Ici comme en Alaska on a envie de les aider à nettoyer les alentours de leurs maisons car les vieilles voitures, le matériel, les outils trainent sous la pluie. A big chaos ! Mais les voitures pour la casse doivent partir sous peu sur une barge, Bob a promis.

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Donc nous sommes dans une baie où résident quelques 10 personnes en hiver et 20 en été. Un ancien chantier suédois de construction de bateaux en bois. Le bout du quai étant réservé aux hydravions, et les rencontres se font. John que nous prenons pour un vieil original nous dit lire « le Chasse-Marée », il vit sur son bateau et aide aux réparations en tout genre, nous l’avons quitté il était penché sur le guindeau d’une petite embarcation de pêche.

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Le lendemain nous faisons la connaissance d’Herin qui vient de passer 15 jours pour la coupe du bois et qui attend l’hydravion qui doit passer le chercher, il nous parle de la cotation du Red Cedar et des bois moins nobles.

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En nous baladant nous découvrons un hôtel sur une barge qui n’a jamais été rentable et qui doit repartir remorqué pour un autre lieu. Ici l'ancienne école et le community Center.

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Rencontre avec le Harbourmaster qui sort de la poste, à qui nous réglons notre dû, son copain Carl d’origine suédoise celui-là, deux familles avec de jeunes enfants de 3 à 6 ans tous blonds et minces, derniers jours de vacances à la Robinson. Nous étions invités partout à prendre un café mais avons invité et fait visiter le bateau, ici Peter et Bob.

 

Peter Bob Eric.jpgNous sommes enfin partis après le repas pour un quinzaine de nautiques dans les chenaux, d’abord Petrel puis Markle Passage. Chouette le baromètre remonte.

 

31 août. Les arbres semblent avoir été taillés à l’horizontal au niveau de la marée la plus haute. Quelques petites touches de rouille çà et là certains seraient-il à feuilles caduques ? Il pleut doucement sur nos cirés. Nous prenons le passage Ala, la navigation sera un peu serrée mais nous éviterons le vent de 20 nœuds et la mer formée de Petrel Passage.

Mouillage à Captain Cove.

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1er septembre. Admirez l'entrée étroite de Ire Inlet.

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2 et 3 septembre. Grand beau temps, paysages grandioses nous sommes dans Estevan Sound. Et nous entrons à l’intérieur de Mac Mike Inlet. 3 rockfishes en arrivant. Du pain de campagne et une brioche,

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une balade en annexe pour inaugurer notre casier à crabes et une loutre de terre au pelage bien sombre qui s’enfuit, trop tard pour la photo.

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Journée ensoleillée,

Baie bien protégée

Apéritif commencé

A moteur un gougnafier

Est venu mouiller

Juste devant notre nez

Non mais quel outrage

Nous changeons de mouillage

Tiens quelques bouées

Ne seraient-ce pas des casiers ?

Au matin sûrs de nous

Nous posons celui à nous

Neuf crabes à midi

Et huit dans la nuit.

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4 et 5 septembre. Jorgensen Passage.

Nous croisons Volverine qui semble pêcher, Volverine ? What does it mean ? Quelle idée de baptiser son voilier d’un nom pareil !

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Ce mot signifie Glouton, est-ce madame qui a décrété que ce voilier engloutissait toutes les économies du ménage ? Dès que nous embouquons le passage étroit avec le courant pour nous aider il nous suit. Le kelp est sagement peigné et nous faisons notre maximum pour l’éviter.

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Mouillage à Oliver Cove entre deux îles.

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On s'arrête à Klemtu? Bof, on continue.

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Bella Bella.

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Rencontre avec Henri de Tahiti à bord de Anavaï.

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Shearwater en face. Shear water (5).jpg

Pas de wifi mais nous retrouvons Sarema et les invitons à dîner, nous sommes tous les deux au mouillage. Et pendant cette délicieuse soirée nous apprenons qu’ils ont déjà à leur actif un passage du Nord-Est et un passage du Nord-Ouest. A présent ils attendent l’autorisation des autorités pour naviguer en Antarctique.

A Lizzie Cove, sur Hunter island, nous allons prendre le thé en fait un verre de vin blanc avec Peter, son épouse est à la ville. Sa maison a 9000 nautiques au compteur, elle le suivait sur son ponton flottant au gré de ses différents boulots, bûcheron, mineur, pêcheur, mécanicien...Il a une serre avec compost et asticots ! Un atelier, une salle des fêtes, une chèvre: un mât de charge...

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Et nous en sommes repartis avec du halibut et du saumon fumé, merci beaucoup Peter. A l'amitié et gardons contact.

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Nous sommes dans Fisher Channel. Le courant doit être avec nous mais le vent est dans le nez.

7 septembre Codville Lagoon. Une entrée facile, une baie bien abritée.

Codville Lagoon  (19).jpgNous dérangeons les phoques, les hérons, les canards.

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Belle balade au matin jusqu’au lac, pas une trace, pas un soupçon d’ours. Des blocs de granit couvrent les collines et les racines des Red et Yellow Cedar nouées autour des blocs nous permettent de grimper. Le trail est entretenu, recouvert dans ses parties les plus humides de planches de bois grillagées pour nous éviter de glisser. 

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Autour du lac c'est une plage de sable blanc qui s’étire. L’eau est colorée par le Red Cedar.

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Vendredi 8 Finn Bay. Pen Rose Island. A Ghost Summer Camp. Nous y arrivons de nuit. Nous pensons y entr’apercevoir des traces de présence humaine mais ce sont nos feux de navigation qui se reflètent dans les vitres des maisons flottantes qui prennent l’eau.Une tonne semi immergée se détache dans la pénombre ce qui nous permet de l’éviter. Un phoque que nous entendons souffler mais qui fera le paresseux au matin et ne se montrera pas.

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9.10 septembre. Dawsons Landing. Nous sommes encore dans un lieu hors du temps, un hameau sur pontons flottants. Mais un Hub !

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(Sur la photo les petits chiens de Amber sont protégés par un grillage des aigles tentés par ces proies fragiles.)

Hydravions pour des clients de lodges voisins, barge pour carburant d’hélico. Epicerie, outillage, vêtements et internet puissant, un régal. Dehors il y a 30 nœuds, ici à Dawsons Landing sur Rivers Inlet l’eau est un peu agitée.  Le pain monte doucement, le chauffage nous berce dans une belle torpeur, nous sommes connectés et rattrapons notre retard. C’est un ballet d’hydravions pour notre plus grand intérêt. 

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Au matin une barge vient livrer du carburant pour hélicoptères. Elle manœuvre juste derrière nous, très serrée et se dégage sans nous accrocher.

Nous faisons la connaissance de l'équipage de « The Secret », David et Barbara, Janis la soeur de cette dernière vient prendre un café et nous donner toutes les adresses des amis qu'elle a en Patagonie. Janis vit à la nouvelle Orléans, l'inondation créée par l'ouragan s'est arrêtée au perron de sa maison. David et Barabara vivent en Alaska mais hivernent leur vedette à Seattle.Dawsons Landing (7).jpg

 

 

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13 septembre Milbrook Cove. Nous retrouvons "The Secret".

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14 septembre. Murray Labyrinth.

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Hier nous sommes arrivés ici au portant (vent dans le dos) 13 nœuds, génois tangonné croisé, grand-voile haute qui nous propulsaient à 6,7 nœuds, plaignons ceux qui devaient remonter vers le Nord, mer formée et vent dans le nez. Nous, nous n’avions pas chaud malgré le beau soleil. Eric hésitait entre la baie juste au nord-ouest et Murray Labyrinth et devait décider en fonction de l’état de la mer près des cailloux, si cela brassait trop nous n’aurions pas tenté de rentrer dans le labyrinthe, plus impressionnant de visu que sur la carte.

 

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Végétation comme je l’aime vert, jaune, rouille, pas assez d’orange encore. Et pas de reflets car l’eau à l’intérieur était encore soumise aux effets du vent. Tentative de pêche du skipper, moulinet cassé, changement de canne, il revient bredouille. J’essaie de peindre à l’aquarelle cette fois-ci, finis les feutres abîmés par le papier à grain, je vais les garder pour les scènes à détails, merci Quentin pour ton joli cadeau qui arrive dans les bagages de notre équipier. Tentative de casier à crabes avec une boîte de whiskas, nous irons récupérer le casier ce matin et peut-être de quoi nous régaler.

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Sortie de Murray Labyrinth.

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Eric s’est attaqué au pain, 350g de farine…il faut être à bord pour obtenir la recette. Avant-hier il avait décidé un gâteau au chocolat. Et le pain déborde et le trop plein brûle et enfume tout le bateau.

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Il faudra 3 jours pour se débarrasser de l’odeur et en prévision des autres débordements nous achèterons du Feebreze. Brouillard dedans, brouillard dehors et le radar est capricieux.

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Le skipper décide une halte pour le déjeuner, près d'une ferme d'élevage de saumons, à ne pas confondre avec les "Hatchery".

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Port Hardy:  Vancouver Island. « Rugged, rich, resilient ».

D’après le Guide du Routard:  la ville n’a aucun charme, en fait c’est le point de départ du ferry pour Vancouver direction Prince Rupert. Mais nous y avons fait une escale agréable sous le soleil avec des rencontres toujours sympathiques. 6000 habitants lorsque la mine de cuivre était en exploitation. La mine a fermé en 1996 et le chiffre est tombé à 4000. C’est l’exploitation du bois qui est la principale ressource de la ville et la pêche mais les saumons se sont raréfiés. Les arrivées à Port Hardy se font par avion et hydravion, par voiture depuis Campbell River en débarquant du ferry, par Public bus, et par bateau (3 marinas). Le service du ferry est un lien vital pour la ville entre la Central Coast et Vancouver Island. Pour les touristes les excursions sont nombreuses fishing, whale watching, bears, paddle comme partout depuis l’Alaska …

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Ça y est mon vocabulaire s’enrichit, j’ai appris le mot zoster : zona (shingle et rush pour une maladie).

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« Et un zona pour compagnie

Vite un œil dans la pharmacie

Efferalgan codéiné

Devrait faire de l’effet

Consultation organisée

Diagnostic Anne-Laure confirmé

Prescription et cachets

Plus qu’à attendre leurs bienfaits. »

Bon, Port Hardy ce sont deux rues qui se croisent, heureusement la marina n’est pas « centre-ville » et nous marchons un peu. Nous sommes arrivés jeudi soir et nous avons accosté derrière Sarema, nous étions heureux de les retrouver, cette fois-ci ils avaient de l’avance sur nous (6 heures d’avance). Et Pekka sortant du cabinet dentaire pour se faire arracher deux dents ils nous ont conviés à dîner pour le lendemain soir. Comme nous sommes allés faire un tour nous nous sommes rendus compte que les prix de la marina d’à côté super crowdy étaient deux fois moins chers. Donc 21h30 on bouge et on se met dans un mouchoir de poche. Oui mais pas de WIFI ! Donc le lendemain Eric trouve une autre place, ce n’est plus un mouchoir de poche c’est un quart de mouchoir en papier. Pour se raccorder à l’électricité nous avons envisagé de racheter une prise 20 ampères car nous avons tout ce qu’il faut en 30 mais à 70$ la prise nous avons renoncé. Donc en déployant au maximum la rallonge nous sommes connectés électricité et le wifi ce n’est que l’ordi d’Eric qui y est connecté car nous nous piquons avec le mot de passe des amis sur le réseau de la marina très chère.

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Nous sommes au milieu des bateaux de pêche mais ici ce n’est pas la fièvre de l’Alaska, les bateaux sont serrés comme des sardines, qu’ils ne connaissent qu’en boites et à l’eau pas à l’huile. Nous avons du public, ce matin deux ivrognes qui pêchent le crabe dans le port dans l’huile de vidange et le fuel dégagés par les moteurs. Hier un pilote qui n’a pas pu rester longtemps car il embarquait sur un gros navire de Port Hardy à Vancouver.

Nous avons invité à déjeuner Henri de Tahiti rencontré à Shear Water et retrouvé devant la laundry, il est infirmier travaille à présent à mi-temps et navigue le reste du temps. Il peut être envoyé pour 15 jours sur l’île de Marlon Brando, sur l’île de Léonardo di Caprio et a croisé ainsi Obama tout juste à la retraite.

Nous avons nettoyé le pont à grands coups de brosse et de jet d’eau, ça aurait plu aux petits-enfants de rincer le pont ainsi. Le radar est réparé, changement de courroie par Eric, nous croisons les doigts, les filtres huile et gazole changés, le linge lavé mais pas repassé, non mais quand même.

Et les courses avec retour en taxi gratuit vu la facture, est-ce pour cela que le chauffeur n’a pas daigné sortir de son véhicule pour nous aider à charger et à décharger ?

Deux pains ont cuit ce matin avec de moins en moins d’effort, on mélange le tout une fois que la levure est bien montée dans le mug et on lance la cuisson (à fond les ballons) et un gâteau bananes, par contre pour les gâteaux il faut prendre des précautions. Le thermostat du four n’a que 3 positions Max, minimini et arrêt et c’est à l’oreille que nous contrôlons la puissance donc lorsque le moteur tourne nous n’entendons pas la différence de sortie de gaz.

Samedi 16 septembre, nous avons bien retrouvé Marc-François après avoir fait un rapide tour dans le petit musée et bavardé avec la "tenancière". La vie s’arrête à 17h à Port Hardy poste, bibliothèque (le wifi est coupé un peu plus tôt), musée, tourisme office, magasins. Seuls les commerce de « bouffe » restent ouverts, le fameux café Guido, le liquor store, le safe food. Donc une fois Marc François débarqué de son bus nous posons ses affaires dans l’annexe et retournons chercher du gaz et de quoi remplir le coqueron. Je reste dehors et détaille les clients du Liquor store, grosses voitures d’abord d’où débarquent des personnes en surpoids, ils engagent volontiers la conversation mais les Indiens ne sont pas toujours compréhensibles. Chouette Eric a trouvé du vin portugais. Et une Ford Mustang, il y en a beaucoup ici, s’arrête et le conducteur demande s’il peut transporter la bouteille, il est vrai que la poignée de la bonbonne de gaz scie les mains de son porteur. Eric rentre en annexe à bord et MF et moi rentrons en marchant, il a quelques heures d’immobilité dans les jambes.

Anecdote sur l'histoire de la ville. "The Carrot Campaign". Cette sculpture est le symbole de la promesse faite par les gouvernements successifs de 1897 à 1970, promesse enfin tenue d'une construction d'une "autoroute" pour désenclaver la ville.

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Dimanche 17. Une pluie diluvienne le lendemain matin, nous laissons Eric se faire tremper lorsqu’il règle les nuits au Harbourmaster. La pluie a cessé lorsque nous quittons la marina, sortir du mouchoir de poche plié en 4. Et vogue Manevaï au moteur, puis sous spi!

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Sointula. « Place of Harmony ». Malcolm Island. « Tervetuloa » : Bienvenue en finnois. (550 personnes actuellement). A la fin du XIXème siècle les migrants européens débarquent dans le Nord des Etats Unis. Fatigué d’être oppressé dans les mines de charbon de Vancouver Island un groupe de Finnois décide de créer une société sur la base du partage, de l’égalité des personnes y compris les femmes, de la propriété mise en commun, un concept révolutionnaire pour l’époque. « Un esprit sain dans un corps sain ». Gymnastique pour tout le monde, musique, concerts et théâtre. Ils construisent un chantier naval, une fonderie une scierie, une forge. Malheureusement Kurrika leur leader est plus idéaliste que pratique et l’expérience tourne court. Il quitte Sointula avec la moitié des Finlandais mais Austin Makela prend les rênes pour essayer de sauver ce qu’il reste. Mais après 4 années de dur labeur et de déceptions : un incendie dévastateur, mauvaise planification, banquiers récalcitrants, marchés instables… la Kalevan Kansa Colonization Company vend ses avoirs à la banque et revient dans le giron du gouvernement de la Colombie britannique. Mais l’esprit de Sointula ne meurt pas. Les personnes restantes exploitent la terre et se tournent vers la pêche commerciale et l’exploitation forestière. Descendants des premiers pionniers et nouveaux arrivants continuent d’être inspirés par le rêve de liberté et de coopération.

Et nous retrouvons Sarema.

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Ce sont eux qui nous apprennent qu’il y a des vélos en libre-service sur le port et nous décidons une découverte du village en bicyclettes très confortables, les freins sont sur le pédalier.

 

Sointula  (12).jpgSointula (28).jpg Riitta et Pekka viennent partager le soir notre gratin d’aubergines et un gâteau bananes. Ils nous offrent des pullas, petits pains légèrement anisés que nous grillons au petit déjeuner. Nous sommes dimanche et demain c’est lundi, le musée et la fameuse coopérative seront fermés mais nous découvrons la boîte aux primeurs, petite armoire en bois. Je choisis des tomates et dépose 5 $ dans la boite prévue à cet effet, j’hésite pour les œufs, nous sommes en vélo et je risque d’avoir une omelette à l’arrivée au port. Sur un papier j’écris « tomatoes 5 $, PM », lettres qui doivent être les initiales de la personne qui vend ses tomates.

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C'est un plaisir de se dérouiller les jambes, il n’y a pas de côtes à grimper. Quelques petits grains nous accompagnent, nous sommes très visibles en cirés rouges et bavardons avec les piétons. Le ferry arrive et les voitures s’y engouffrent pour l'île en face.

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Et les jeunes Franco-Allemands, Maryline, Daniel et leurs enfants Marla et Mika, arrivent en vélos et nous partageons la quiche lorraine et les gâteaux. Soirée d’échange et des petits bien élevés, merci Maryline et Daniel. Allez sur leur site, ils sont étonnants « velomerica.org ».

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Ce matin vaisselle non terminée, nous sommes invités à visiter le bateau d’à côté.

 

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Uncle Roy, Pétunia et Dan sont missionnaires en tout genre. Ils visitent des communautés à bord de leur Coastal Messenger.  Et nous rejoignent 4 habitants de Sointul , le pasteur Ben, son épouse Anna, Marc et I’m sorry I forgot the last lady’s name.  Le bateau est propre, on mangerait par terre, magnifiquement entretenu, deux équipages se relaient, du CO à la cale machine tout est « nickel ».

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Nous avons échappé à l'office mais avons écouté Petunia et Uncle Roy.

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(Photos MFM).Nous les invitons à visiter le nôtre et Pétunia m’offre des tomates, deux confitures de baies et en retour je lui offre une manique bretonne, merci maman d’avoir fait les courses pour renouveler les cadeaux. Et comme je porte un doigtier car je me suis coupée la veille, j’explique que c’est une bonne excuse pour ne pas faire la vaisselle donc Pétunia avant notre départ offre à Marc-François une lavette tricotée point mousse. 

Quels beaux points d’orgue que ces rencontres pour finir une escale.

19-20 septembre. Arrêt technique pour du wifi. Petit port encaissé protégé par des navires tout rouillés de la deuxième guerre mondiale qui font office de brise-lames. Le bureau est fermé, nous prenons les papiers pour régler la nuit. Quelqu’un frappe sur la coque et Eric sort discuter. A l’intérieur nous ne comprenons rien de ce qu’il dit. Question de Marc « Il était bourré ? Non il a un dentier ».

C’est en fait le Harbourmaster qui vient nous souhaiter la bienvenue.

Anniversaire Marc-François.

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10°C, Ce matin il a dû se lever tôt pour son rendez-vous téléphonique, comme quoi à 60 ans tout frais on peut encore être matinal. Hier soir en arrivant nous nous étions dits que nous n’avions jamais fait une escale aussi moche mais ce matin nous en avons appris beaucoup sur le logging.

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Comme des enfants nous sommes restés regarder ces gros camions arriver, se faire peser et décharger les troncs, ramasser la remorque, repasser sur la balance. 89 tonnes à pleine charge.

 

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Les bulldozers s’en chargent ensuite pour les empiler avec leurs mâchoires, les déposer dans un ber prévu à cet effet où ils sont ligotés par un câble et ensuite largués à l’eau en glissant sur des poutrelles métalliques.

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Dans l’eau tel un transpalettes le petit bateau pousse les logs, revient, virevolte, joue sur place. (photo MFM)

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Notre petit fils Gabriel aurait adoré être avec nous.

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Nous ne sommes pas allés jusqu’au village, quelques maisons sur la hauteur, sachant qu’il n’y avait rien de plus. Appareillage délicat le vent est décollant nous sommes une nouvelle fois dans un étroit mouchoir de poche, il ne faut pas aller se vomir sur le ponton d’en face. « Good job ».

Et les garçons à la sortie font une tentative de pêche infructueuse, moi je suis aux fourneaux : gâteau coco ! Cuisine pour le déjeuner et deux pains en lévitation. Ils sont deux à l’extérieur pour la navigation délicate, le courant jusqu’à 5 nœuds est avec nous, attention aux troncs flottants. Du soleil, du ciel bleu et quelques dauphins pour nous amuser. Sur notre gauche Quadra Island et à droite l’Ile de Vancouver.

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Alternance de voile et de moteur, il faut être au rendez-vous dans les Narrows. 16h30 il nous faut ralentir, les garçons roulent le génois, bordent la grand-voile, 4,6nds.

Nous arrivons à Campbell River en fin d’après-midi.