Alaska 8

Quand LITUYA rime avec NOUMEA.

Un bond de 12 ans en arrière pour nous, 231 ans pour l’histoire et à vol d’oiseau (par l'orthodromie) 5585 nautiques à parcourir.

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Grande émotion pour nous deux et surtout pour Éric car Lituya Bay c’est Port des Français, nom donné à la baie par François Galaup de Lapérouse en 1786.*

Avec une heure d’avance sur le courant sortant nous entrons majestueusement à la voile et jetons l’ancre. Un hydravion décolle à notre arrivée tant mieux nous comptions mouiller là où il s’était posé. Un autre à notre droite est toujours là sur la plage à côté d'une tente et d'un feu dressés, deux personnes sont là pour le weekend sans doute.

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Mais le mouillage se révèle trop rouleur, « Loïc on lève le camp et on va chercher plus haut ».

Choix plus en amont avant d’être enveloppés par la brume. Nuit calme avec pluie mais au matin le pont est presque sec.

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L’équipage s’occupe, Éric à la boulange une brioche et un pain, Loïc à la pêche mais pas une touche, Cathy au blog.

L’après-midi nous voit débarquer sur Cenotaph Island. Nous savons que nous ne trouverons plus rien mais nous partons à la découverte de ce que nous pourrons glaner. Voir le topo sur l’expédition la Pérouse.  Des phoques curieux nous accompagnent un moment.

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Notre récolte : Quelques plantes photographiées. Artic Lupines and Indian Paintbrushes.

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Des traces fraîches de loup....

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Et une plaque fixée sur un gros rocher à la gloire d’un ermite, Jim Huscroft qui passa 22 ans sur l’île.

Le retour est un peu humide, nous sommes dans le nuage.

Les garçons repartent à la première éclaircie, ils remontent une rivière en espérant accéder au Fish Lake. Que nenni lac inaccessible donc pas de poisson. Pas de bras pas de chocolat. La moyenne de Loïc baisse.

Le lendemain en début d’après-midi appareillage vers le fond de la baie, tiens il ne pleut plus.

Nous admirons les rivières qui descendent full speed des glaciers.  Au fond de Port des Français se trouvent 3 glaciers, Lituya à gauche pousse une moraine de pierres devant lui. En face de nous Cascade a vomit ou vomit encore de la glace mêlée à de la boue.

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A droite nous n’apercevons même pas la glace, Crillon s’est transformé en carrière de pierres.

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Rien à voir avec les relevés et dessins du temps de la Pérouse.

L’eau est à 4°5, pas étonnant vu toute la pluie qui est tombée, elle s’est refroidie au contact des pentes des glaciers. Les poissons doivent être congelés là-dedans, ce qui console notre pêcheur. Et cette chère petite pluie que nous avons appris à apprécier est de retour. Philosophons, (est-ce philosopher Xandrine que d’être optimistes ?) nous avons de la chance il ne neige pas! Température extérieure 10°C.

Ouf une éclaircie, les sommets se découvrent. Le paysage a dû bien changer depuis le passage de notre valeureux marin. Un  tremblement de terre en 1958 a généré une vague haute de 1800 pieds qui a ravagé  la baie et nous décrétons que la différence de végétation sur les versants qui nous entourent marque la hauteur du raz de marée.

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Adieu Cenotaph Island, à présent il faut sortir de Port des Français.

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Aux jumelles nous scrutons la passe, le courant doit s’inverser dans une heure et nous aider, la houle vient se fracasser sur les brisants. Très sympathique cette vision. Sommes-nous trop tôt  ou juste à temps pour sortir ?  Une belle houle entre, un jusant nous sort déjà. Éric reprend la barre pour mieux contrôler les mouvements du bateau, nous surveillons l’alignement par l’arrière.

Mais comment La Pérouse a-t-il eu le culot d’entrer ici ?

Les lions de mer grognent, nous dérangeons leurs palabres sur le rocher, certains se mettent à l’eau, le poussah ne bouge pas mais montre les crocs. 

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Au revoir Port des Français.

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*En 2005 à Nouméa la Marine Nationale a engagé le Jacques Cartier dans l’expédition de recherche des vestiges des navires de Lapérouse sur l’ile de Vanikoro et Éric s’est fortement investi dans cette mission conduite par l’association Salomon présidée par un homme au charisme et à la discrétion appréciés de tous, Alain Conan qui vient de disparaitre dans son cher lagon calédonien. Nous avons une pensée pour toi Alain, pour Kathy, ton fils et toute ton équipe. Nous avons rencontré des peintres comme John Pendray,  l’Amiral Bellec qui ont embarqué avec le même papier aquarelle Argo …qu’à bord des frégates au 18ème siècle, des scientifiques du musée maritime de Nouméa, des plongeurs de  la DRASM,  une pensée affectueuse pour « Riton » Henri Goirand, plongeur de l’équipe Cousteau dans sa jeunesse et conteur hors pair et un petit clin d’œil à Fanny Esclassan surnommée par le bord « Fannykoro », la seule élève du lycée Lapérouse embarquée pour 6 semaines sur le Jacques Cartier. 

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Un petit La Pérouse en sucre. Merci Samuel.

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Exposition pour fêter le départ de la mission Vanikoro 2005.

 

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