Alaska 23

Au réveil ce matin-là nous sommes environnés de brume. Ce n'est pas très agréable pour sortir de Murphy Cove mais le GPS et le radar nous aident bien. Nous entendons  les lions de mer dans le kelp. Ensuite à gauche et encore à gauche pour entrer dans Cross Sound.

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Nous connaissons les lieux mais jusqu’à  hauteur d’Elfin Cove nous ne voyons pas grand-chose, c’est beau mais stressant. Quelques bateaux sont mouillés avec des hommes en ciré une canne à pêche à la main, quelle longueur de chaîne mouillent-ils ? En début d’après-midi la visibilité s’améliore heureusement car le radar nous lâche. Plus rien sur l’écran. Nous contournons Chichagof Island et entrons dans Icy Strait par la pointe Adolphus, sur ma carte il est écrit « Watch for feeding Humpback whales » et effectivement c’est un spectacle que nous donnent cinq baleines.

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Nous sommes là pour pêcher aussi mais lui se moque de nous !

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Et en prime deux loutres au comportement plus que surprenant, elles se poursuivent à grande vitesse, se battent, se retrouvent dans les bras l’une de l’autre  « les jeux de l’amour et de la bagarre … »

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Avant le mouillage à Fresh Water Bay dans lequel nous arrivons nous contemplons à la nuit tombante une autre baleine, je dis bien une autre, j’ai bien observé son appendice caudal.

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Car oui à présent nous avons vraiment retrouvé la nuit. 

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Nous sommes dans Chatham Strait, grand beau temps, je dessine dans le cockpit. Éric s’occupe de la navigation et le pilote obéit. Quelques bateaux de pêche, une barge et sa remorque remontent le Chatham . Difficile de comprendre la logique des  courants. D’accord les Passages sont alimentés par les Inlets, les Straits qui se remplissent au gré des marées et l’eau arrive par le sud et le nord en même temps quelques fois d’ouest aussi. En France dans le SH 550  à 10mn près on peut prévoir les courants. Ici les marées sont semi diurnes à inégalité diurne est-ce pour cela que les tables de courants, lorsqu’on les trouve, sont établies annuellement ?  Il vaut mieux choisir ses heures de navigation pour éviter de se battre avec un courant trop fort.

Pour la première fois un parfum nous arrive, et ce sont les épicéas de Sitka qui nous renvoient leurs effluves, ils se sont chauffés au soleil  toute la journée et  dégagent un parfum de pinède en début de soirée. « Manquent les grillons qui grillent » (private joke).

Et nous arrivons à Baranov (latitude de Sitka) pensant trouver un ancien village Tlingit, nous suivons un très élégant vapeur, un charter,

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et sommes accueillis par d’autres navigateurs sur un ponton flambant neuf. Oui nous savons où est l’ancien ponton : chez Frances, Krystina et Erik.

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 Il reste juste une place pour nous.

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Peter prend les amarres, Janet m’invite à boire un verre à bord de leur jolie vedette. Finalement nous restons dîner à bord de leur Emerald City, un Northwestern de 45 pieds, un steak succulent, une purée de pdt made on board et une salade de fruits qui nous passe sous le nez, nous n’avons pas compris qu’elle accompagnait aussi la viande. Vin « Ménage à Trois » mais nous étions cinq avec le chat. A Baranov outre des ours il y a quelques cabins privées, petites maisons très confortables à côté de la cascade et des sources d’eau chaude. Non merci très peu pour nous, Janet y va toute seule et nous restons bavarder tous les trois. Peter essaie de se souvenir du nom du lycée à Nouville (Nouméa) où il enseignait le français avant de devenir avocat. Nous projetons de nous retrouver à Port Townsend, leur maison se situe à Port Ludlow et ils ont aussi un catamaran qui les attend au Mexique.

Nous quittons Baranov sans oublier de payer notre place, des billets dans une enveloppe après avoir calculé ce que devions, le tout dans la boîte aux lettres en bout de ponton.

Le lendemain nous contournons la Pointe Gardner, pointe sud de l’Admiralty Island et nous embouquons Frederick Sound. Devant nous les glaciers North Baird et Patterson, la frontière avec le Canada n’est pas loin. A tribord Kuiu et Kupreanof  Islands,  les montagnes se détachent masses sombres en contre-jour, derrière nous  Baranof Island et ses sommets enneigés.

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A gauche Admiralty Island éclairée par le soleil, les épicéas, la roche grise avec son estran comme une frange. Encore un paysage déconcertant qui pourrait être admiré en Asie. Pas de vent, une mer d’huile. Tiens, le courant est avec nous 1kn 5. Les mouettes voyagent, leurs pattes bien campées sur des morceaux de kelp.  Nous sommes suivis par un yacht privé Espiritu Santo battant pavillon calédonien. Éric s’étonne, la Calédonie c’est la France, y aurait-il maintenant un pavillon calédonien? Nous ne leur poserons pas la question nous ne les avons pas revus. Nous croisons un OFNI que nous retrouverons à Petersburg.

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La température de l’eau est descendue à 10°C, le soleil tape trop fort. Et nous pêchons un saumon, pas de points noirs sur le dos, un ventre vert bleu, c’est un Coho! Une femelle, 68cm, 8 livres, à nous le caviar d’œufs! En face de nous la frontière toute blanche : Les Kates Needle altitude  10023 feet et Mount Ratz 10290 feet.

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Nous peinons pour entrer à Portage Bay, Lindenberg Peninsula, à la suite d’un autre voilier alu. Le courant est descendant jusqu’à 3,5 nœuds contre nous, la baie se vide. Originaire des  Anglo-Normandes, le skipper de « Signora » navigue avec son fils, son épouse ne veut plus l’accompagner en mer. Même chantier que Manevaï depuis qu’Allures a racheté Garcia.

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Feux d’artifice sur la plage le soir. Dîner à bord. Mmmmh c'est bon la cuisine américaine !

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Sortie le lendemain avec un tout début de marée montante donc aucun problème. Les riverains habitants de la Cabin replient aussi leurs affaires et se dirigent vers leurs embarcations.

 

 11,3°C pour l’eau.  Deux Frégates Canadiennes croisent accompagnées de quelques glaçons qui s’échappent de Leconte Glacier.