Un parcours de plus de 8 270 Nautiques (15 300 km)

Manevaï a appareillé de Brest début juin afin de se présenter à l’entrée du détroit de Lancastre fin juillet, après une remontée des côtes ouest du Groenland.

Les premières opportunités pour s'engager dans le passage se présentent en effet à partir de mi-août. Il faud alors faire vite pour parcourir les quelques 2 750 milles nautiques de distance (5 100 km) jusqu’au détroit de Béring qu’il convient de franchir avant la mi-septembre, la météo devenant capricieuse après cette date.

Après cette traversée, Manevaï hiverne à Sitka (Alaska) dans un mouillage très protégé et sous la surveillance de deux voiliers amis rencontrés lors de la première tentative.

Le parcours est exigeant et présente de nombreuses difficultés.

Les glaces en premier lieu, d’une grande variabilité aussi bien d’une année sur l’autre que d’un jour à l’autre.

En 2014, lors de sa première tentative, Manevaï a été contraint fin août de faire demi-tour, bloqué par la glace,  au point le plus nord du trajet près de Resolute. Toute la partie centrale du passage était nettement plus englacée qu'à la normale. 2015 a été une année plus conforme aux statistiques.En 2016, si la glace a fondu avec une dizaine de jours d'avance, la "porte" s'est refermée à Barrow (pointe nord-ouest de l'Alaska) dès le 9 septembre soit avec plus d'un mois d'avance... et 5 jours après notre passage.

La météo est également d’une grande variabilité. C’est dans cette zone que naissent les dépressions, impossible donc de les voir venir.

L’hydrographie de la zone est bien évidemment approximative et le restera pendant longtemps encore. Il faudrait des moyens considérables pour hydrographier correctement les milliers de kilomètres de côtes, moyens qui ne sont pas justifiables au vu du trafic maritime de la zone.

Enfin, la proximité du pôle nord magnétique rend les compas de navigation inutilisables pendant toute la partie centrale du parcours. C'est une difficulté supplémentaire de la navigation dans cette zone.




Le maître mot est AUTONOMIE : en vivres et carburant bien sûr, mais aussi pour faire face aux problèmes matériels inévitables comme aux éventuels soucis médicaux. Ce qui ne peut être réparé ou soigné à bord ne le sera pas !