Le passage du nord-ouest est avant tout un mythe, une quête de plus de 400 ans. C’est la dernière route maritime à avoir été franchie par l’homme.

La première tentative connue date de 1497 : furieux d’avoir été oublié lors de la signature du traité de Tordesillas (1494), le roi Henri VII d’Angleterre demande à John Cabot de lui trouver "un" passage du nord-ouest pour accéder à la route des Indes et à ses richesses. Il atteindra Terre-neuve et la côte du Labrador.

Dès le XVIème siècle, les expéditions se succèdent : Baffin, Frobisher à l’est ou le danois Vitus Béring à l’ouest qui découvre le détroit du même nom.

  John CABOT au Labrador

L'expédition la plus fameuse, celle qui a le plus marqué les esprits est celle de l'amiral John Franklin qui hiverna en 1845 à Beechey Island, au fond du détroit de Lancastre mais dont les navires furent broyés par les glaces l'année suivante près de l'île du Roi Guillaume. Cette disparition provoqua en Grande-Bretagne une émotion comparable à la perte des deux navires de La Pérouse en France. Sa veuve, Lady Jane Griffin Franklin, elle même grande voyageuse, déploya une énergie formidable pour que des expéditions partent à sa recherche. La "Lady Franklin's lament" reste une ballade très connue outre-manche.

Parmi les expéditions parties à sa recherche, celle de Robert Mc Clure fut la première à prouver que le passage existait bel et bien même s'il ne pût le franchir à cette occasion. 

C'est finalement l’explorateur norvégien Roald Amundsen qui le franchira le premier en 1906 à bord d’un cotre de 21 m, le Gjoa, après trois hivernages. Comment et pourquoi un si petit navire avec seulement six personnes à bord a-t-il réussi là où des expéditions dotées de moyens considérablement supérieurs ont échoué ? C'est parce qu'Amundsen a recherché le contact des inuits, a étudié attentivement leur mode de vie, de survie pourrait-on dire. Un autre objectif de son expédition était d'étudier le pôle nord magnétique qu'il a localisé avec précision. A l'époque, il était nettement plus sud qu'aujourd'hui.

Le ketch Williwaw du belge Willy de Roos est le premier voilier à franchir le passage en une seule saison en 1977. Qui plus est, en solitaire pendant toute la deuxième partie du parcours.


Mais qu'il ait été franchi ne signifie pas qu’il sera demain une route commerciale fréquentée. Les aléas liés à son franchissement restent nombreux et début 2016 seuls 89 voiliers l’ont franchi dont 65 d’est en ouest. En cent dix ans !

          Vue d'artiste de l'EREBUS

Le GJOA au musée du FRAM (Oslo)

Le Williwaw de Willy de Roos